Les
planètes lentes dans les maisons nous en apprennent
beaucoup sur la personnalité profonde de l'individu.
Plus on dresse de thèmes, mieux on comprend la résonance
des planètes lentes sur la psyché. Durant douze
numéros de Ganymède, nous explorons les douze
maisons du thème et leurs énigmatiques "locataires".
Pour ce numéro: la maison VII.
Correspondant
par analogie au signe de la Balance, cette maison est celle
de l'union, du mariage et de la relation à l'autre.
On y voit les associations, les contrats et les différents
partenariats. Un amas planétaire dans ce secteur
met en relief l'influence des autres dans sa vie. Le natif
ressent le besoin de s'harmoniser aux autres pour se réaliser
et il en est plus ou moins dépendant. Un amas dissonant
dans ce secteur met l'individu en rapport conflictuel avec
autrui car cette maison représente autant les alliés
que les ennemis déclarés et les procès.
Un amas harmonieux révéle un sens inné
de l'esthétisme, ou encore des talents de diplomate
suivant le reste du thème. Les planètes lentes
colorent cette maison de saturnisme (la solitude à
deux) d'uranisme (le changement de partenaires) de neptunisme
(l'idéalisation de l'autre) ou de plutonisme (le
magnétisme de l'autre).
Avec Saturne
en maison VII, une épreuve sentimentale marquante
ou des difficultés à vivre à deux inclinent
le plus souvent au célibat ou au mariage tardif.
Des problèmes d'autorité avec les associés
peuvent également freiner l'ascension sociale. En
fait, c'est souvent la méfiance ou les intérêts
déguisés du natif qui mettent des barrières
à l'épanouissement de ses relations. Soit
il a besoin de durée dans l'union, soit il connaît
la restriction dans ce domaine. Il peut aussi bien se lier
avec un partenaire saturnien (sérieux ou froid) que
concrétiser une liaison ancienne. Toutefois, dès
qu'il a dépassé sa peur de l'autre, ce Saturne
aspire à s'élever à deux. Socialement
d'abord, en partageant la lente ascension et ses inévitables
difficultés (comme Simone Signoret avec Yves Montand,
ou Emmanuelle Béart avec Daniel Auteuil), puis spirituellement
si le couple réussit à cimenter l'union sans
qu'elle tourne à la froideur.
Uranus
en Maison VII signe souvent la multiplication des amours.
Toutefois, le danger réside plutôt dans le
côté réactionnaire du natif: il est
attiré par les personnes originales, excentriques,
indépendantes mais - selon son signe - cela ne lui
convient pas toujours. On pense à Gérard Depardieu,
qui n'a jamais caché son tempérament sur ce
plan-là, à la folle jeunesse de Nicoletta
ou à celle de Roger Vadim. Indifférent à
l'égard des formalités, il est pour l'union
libre. Il est donc assez instable dans le rapport à
l'autre, conjoint comme associés. Lorsqu'il a compris
que, pour positiver ces tendances, il devait multiplier
le nombre de ses interlocuteurs, cet Uranus devient alors
génial. En fait, il a besoin de voir défiler
des gens, comme Sigmund Freud dans son cabinet d'analyste
ou Bernard Pivot dans son émission littéraire
télévisée. Cela lui ouvre l'esprit
en le confrontant à de mutiples avis, à de
multiples vies en somme, ce qui le rend plus épanoui.
Neptune
en Maison VII est tributaire de malentendus ou de méprises
dans son rapport à l'autre, partenaire ou associé.
Cela est dû à sa naïveté, d'où
ses risques d'erreurs au niveau du couple. Il tombe souvent
sur des partenaires louches, manipulateurs, voire alcooliques
ou drogués, projections de ses tendances neptuniennes
négatives (Patrick Dewaere). En outre, il éprouve
le besoin d'idéaliser l'être aimé mais
celui-ci lui échappe, au propre comme au figuré.
Quelquefois, c'est lui qui prend la poudre d'escampette
(Jacques Brel, Alexandra David Néel) et l'on peut
se demander si c'est pour devancer le départ de l'autre
ou pour vivre l'éloignement sublimatoire (loin des
yeux... près du coeur). Au delà des fantasmes
et des illusions, ce Neptune incline au romantisme et à
la poésie, tel Louis Aragon (les yeux d'Elsa) Léo
Ferré ou Colette. À un niveau plus spirituel,
l'autre est vu avec les yeux du coeur et traité avec
compassion (Mère Teresa, Sainte Thérèse
de Lisieux, Elizabeth Kübler-Ross).
Avec Pluton
en Maison VII, le natif éprouve une certaine attirance
pour les personnes mystérieuses, ambiguës ou
malsaines (ou il les attire lui-même). Il voit l'union
comme un défi, ou un engagement trop limitatif. Il
décortique le partenaire à l'extrême,
allant jusqu'à sa négation. De ce fait, la
vie de couple et/ou la vie associative s'avère en
général difficile. Parfois, il provoque inconsciemment
des drames affectifs pour se rassurer sur les intentions
du partenaire, ou des situations compliquées à
la limite de la perversion. S'il souhaite le garder, il
faut qu'il évite de le provoquer ou de lui faire
constamment des reproches. Il lui est nécessaire
de s'éloigner assez souvent du partenaire ou des
associés afin de mesurer avec sagesse la réalité
intrinsèque de leur rapport. C'est à cette
condition que ce Pluton peut se dépasser; comme Simone
de Beauvoir (compagne de J.P. Sartre) ou Sylvie Vartan (avec
J. Halliday).
Patrick
Giani