De
quoi demain sera fait? Quelle est mon avenir proche ou lointain?
Quand vais-je trouver l'amour, un travail? Voilà
l'essentiel des questions posées à un astrologue.
Elles trahissent pour la plupart la peur du lendemain, une
angoisse existentielle. Comme si connaître son avenir
permettait de mieux vivre l'instant présent ! C'est
en outre une croyance à laquelle beaucoup de personnes
souscrivent. Elles en oublient presque qu'elles vivent dans
cet instant éphémère et fuyant qu'est
le présent. C'est en fait le seul moment où
elles peuvent vraiment agir sur leurs destinées.
Rares sont les personnes qui viennent en consultation et
demandent tout simplement: "Qui suis-je?" Là, est
la question essentielle qui concerne l'Être et non
pas l'avoir ou le devenir qui sont les effets et non la
cause de l'être. On ne devient rien et l'on ne possède
rien si l'on n'EST pas, en outre on peut très bien
ÊTRE sans devenir quelqu'un d'autre que soi-même,
ni se définir seulement en fonction de ses possessions.
Mais il faut bien reconnaître qu'il est plus facile
de fantasmer et d'espérer un avenir des plus prometteurs
plutôt que de remettre en questions ses mauvaises
habitudes, ses paresses, ses croyances qui, si elles assurent
une certaine sécurité intérieure, empêchent
l'être d'avancer et d'évoluer.
La
plupart des personnes interrogées prétendent
se connaître à fond, elles pensent être
conscientes de toutes les facettes de leur personnalité.
Mais elles oublient que l'humain utilise en moyenne seulement
10% de son cerveau, les 90% restants sont occupés
par l'inconscient, siège et réservoir de nos
pulsions, désirs, fantasmes, instincts. Ces contenus
inconscients ne sont pas portés à la connaissance
du moi conscient. Le refoulement est un processus automatique
assuré par le surmoi* servant à empêcher
les remontées pulsionnelles de l'inconscient dans
la partie consciente afin de préserver l'intégrité
du moi. Il faut bien comprendre que ce processus n'est pas
efficace à 100%. Donc personne ne peut prétendre
se connaître à fond.
En
astrologie karmique, ces mécanismes inconscients
se divisent en 2 groupes biens distincts: Les samskaras
(impressions du passé) et les vasanas (demandes latentes
issues du passé)**. Ces 2 mécanismes sont
là tout au long de notre vie pour nous dicter, nous
imposer une suite infinie de réactions et de pulsions
créant des actes générant des effets
plus ou moins heureux. Le but de la consultation est d'amener
l'être à ne plus subir sans comprendre, l'amener
vers son dharma, son véritable projet de vie. En
l'aidant à se détacher de l'importance accordée
au fruit de l'acte c'est à dire l'égoïsme,
la possessivité, l'orgueil, la vanité qui
entraînent la fuite incontrôlée en avant
(cause >effet> cause>effet>etc.) C'est généralement
l'effet qui fait naître en nous les sentiments ambigus
et paradoxaux de souffrance, de joie de plaisir. L'humain,
toute sa vie, cherche par ses prises d'initiatives, ses
actes, à produire des effets qui, dans la mesure
du possible, devront combler son ego et parfois renforcer
son désir de pouvoir. L'activité ou son contraire
est une réponse à un effet. L'individu cherche
en permanence à agir au nom du principe de plaisir
cher à Freud.
Le
travail de connaissance de soi proposée par l'astrologue
est donc primordial et essentiel si l'on veut prétendre
avancer d'une façon optimale sur le chemin de la
vie. Deux qualités sont essentielles afin de rendre
ce travail profitable: en premier lieu le courage de plonger
au fond de son âme, ensuite l'honnêteté
de reconnaître ses travers et ses noirceurs souvent
issus de peurs, de frustrations, de manques, de blocages
(même le besoin de pouvoir est souvent une peur de
ne pas pouvoir tout contrôler).
Afin
d'imager mes propos je dirais que l'on ne fait pas un long
voyage agréable dans une voiture dont le frein à
main est serré à fond. Le but de toute analyse
astrologique consiste donc à amener le consultant
à desserrer ce frein en prenant conscience de qui
il est vraiment. Pour ma part je conduis toujours mes consultations
de façon à ce que les personnes se découvrent
et parviennent à comprendre que l'avenir, qu'il soit
craint ou espéré, est fonction de ce que l'on
fait de son présent.
J-M.
Blanchard