Récemment, une amie astrologue m’a avoué
qu’elle préférait utiliser le zodiaque
sidéral pour ses consultations. Tout à coup,
cela lui avait paru évident, tout son thème
lui parlait beaucoup plus en reculant la roue des signes de
23°, valeur de l'Ayanamsa.
Qu'est-ce que l'Ayanamsa?
C'est le “décalage entre le point vernal (où
se produit l'équinoxe de Printemps) et le 0° du
Bélier matérialisé par l'axe Aldebaran
du Taureau et Antarès du Scorpion (15° de leurs
constellations respectives) et par l'étoile Spica qui
a permis de délimiter le zodiaque en deux hémisphères
de 180° chacun et ainsi déterminer le point 0°
du Bélier par opposition à cette étoile.
On compte aujourd'hui plus de quinze Ayanamsas différents.”
Comme je suis ouvert à toutes les démarches
visant à évoluer et que suis toujours prêt
à me remettre en question, j’ai écouté
avec beaucoup d’attention ce que disait mon propre thème
à la lueur de ce nouvel éclairage que me tendait
cette amie astrologue, qui poursuivait : “Je me suis
rendue compte que le zodiaque sidéral était
plus en rapport avec l’âme”. Rapidement,
je reconsidérais donc mon thème natal de tête
et je prenais conscience que j’étais en fait
Bélier/Bélier et non plus Taureau/Bélier.
Vu que j’ai plusieurs planètes en Bélier
dans ma carte du ciel, je ne m’en étonnais guère.
Comme en astrologie tropicale (le zodiaque des saisons) mon
axe des Noeuds lunaires est en Bélier-Balance en VI-XII,
cela le ramenait en Vierge/Poissons, ce qui lui donnait à
peu près la même “couleur”, donc
difficile d’être objectif.
Alors, va pour Bélier/Bélier, me soufflait mon
âme! Seul mon Mercure ne changeait pas de signe puisqu’il
se situait à la limite de l'Ayanamsa. Et c’est
là que je réalisais : “Mais alors, d’où
me viennent mon large cou de Taureau, mes sourcils prohéminents
et écartés au centre, mes fréquents maux
de gorge et mon côté boudeur ? Sûrement
pas de mon Mercure ! Il y avait sans doute une explication...
Et soudain, je pris conscience de la réalité
des deux zodiaques : l’un en rapport avec l’âme,
l’autre en rapport avec le corps. Le zodiaque des constellations
(sidéral) en rapport avec la vie spirituelle, le zodiaque
des saisons (tropical) avec la vie matérielle.
Puis je me souvins de cette lettre que j’avais adressée
à un passionné d'Astronomie qui critiquait le
zodiaque employé par les astrologues occidentaux :
“Le Zodiaque des saisons, que nous utilisons pour
nos éphémérides, est un référentiel
comme un autre. Celui que vous utilisez tient compte de la
place réelle des constellations dans le ciel et cela
vous convient parfaitement. Le référentiel qu'utilisent
les astrologues occidentaux leur convient très bien
puisqu'ils arrivent à de bons résultats. Celui
que les astrologues hindous utilisent effectue la correction
de la précession (ayanamsa) mais les signes ne correspondent
pas non plus aux constellations célestes puisqu'ils
font 30° chacun. Quant aux astrologues chinois, ils utilisent
essentiellement Jupiter (pour les signes) et la Lune (qui
a une grande importance) mais ils arrivent aussi à
de bons résultats. Qu'est-ce à dire ? Qui a
raison? En fait, chacun utilise un référentiel
de base, avec un postulat approprié, qui lui convient
parfaitement. Lorsque les astronomes disent aux astrologues
occidentaux qu'ils se trompent puisqu'ils se basent sur un
"faux zodiaque" c'est comme si un français
disait à un anglais qu'il ne conduit pas de la bonne
manière en roulant à gauche (ou l'inverse).
Ou bien que sa mesure des distances est erronée puisqu'il
utilise les miles au lieu des kilomètres ! Dites-vous
bien que, à partir du moment où des milliers
de personnes partagent et utilisent un référentiel,
celui-ci EXISTE et vit dans leur esprit. Cela fait d'ailleurs
partie de l'une des découvertes majeures de la physique
quantique *."
J’ajouterais aujourd’hui que les différents
systèmes zodiacaux et les différents systèmes
de domification sont autant d’outils à expérimenter
que les différentes langues parlées à
travers le monde. Qui pourrait revendiquer d’utiliser
la langue universelle, fut-elle la plus employée dans
le monde, telle la langue de Shakespeare?
* L’une des principales découvertes de la physique
quantique est que l'observation influe sur le système
observé : au cours de la mesure d'une observable, un
système quantique voit son état modifié.
Ce phénomène, appelé “réduction
du paquet d'onde”, est inhérent à la mesure
et ne dépend pas du soin que l'expérimentateur
prend à ne pas “déranger” le système.
La valeur d’un référentiel
Un référentiel sert à regrouper des individus
autour d’une unité de vues, d’une vision
commune. Il en est de même des religions. Quand bien
même on est convaincu d’avoir choisi la meilleure,
on ne peut pas imposer aux autres sa propre idée de
la divinité. Sinon, on risque fort de devenir réactionnaire,
voire fanatique ou extrémiste, et porter du tort à
nos semblables. Ce côté extrémiste existe
aussi, hélas, dans le milieu astrologique, je l’ai
constaté à plusieurs reprises lors de salons
ou de colloques durant ces vingt dernières années.
Ainsi, sur ce blog que j’ai découvert récemment
sur le Web, où son auteur écrivait:
“L'objectif de ce Blog citoyen est de dénoncer
l'imposture de l'astrologie tropicale (qu'il faut appeler
saisonnologie et non astrologie, ce qui est très différent!)
qui ne repose sur aucune réalité physique à
la différence de l'astrologie sidérale, seule
à même de porter le nom d'astrologie!”
Il est évident qu’une position si catégorique
ne peut qu’enfermer dans une façon de penser
réactionnaire et cloisonnée.
Quel Zodiaque utiliser ?
Je serais tenté de dire : “Celui que vous voulez!”
ou encore: “Les deux!” comme le font depuis des
dizaines d’années Dorothée Koechlin de
Bizemont ou Michel Aguilar. Mais là encore, nous fonctionnons
avec douze signes de 30° chacun, ce qui n’est pas
conforme à la réalité des constellations.
Si l’on souhaitait vraiment utiliser le zodiaque du
ciel comme référentiel, alors il nous faudrait
revenir au Zodiaque
égyptien, dont les signes font de 18 à 46
°. Les constellations étant de largeur inégale,
on aurait donc à réduire celle du Scorpion et
à agrandir celle de la Vierge. En effet, le Soleil
met 44 jours pour traverser la Vierge et ne met que 7 jours
pour traverser la constellation du Scorpion! Un véritable
casse-tête pour les concepteurs de logiciels mais pourquoi
pas ? Bien entendu, il faudrait ensuite l’expérimenter
pendant de nombreuses années afin de donner du corps
et du crédit à ce nouveau référentiel,
mais là on ne pourrait plus reprocher aux astrologues
occidentaux d’utiliser un faux zodiaque!
Et les maisons ?
Que les étudiants débutants soient rassurés,
elles ne changent pas lorsqu’on utilise le zodiaque
sidéral. Cependant, comme nous l’avions vu dans
un récent Ganymède, le système Placidus
ne fonctionne pas dans les régions aux latitudes extrêmes
telles que la Norvège ou Cap vert. Il faut donc changer
de système de domification pour certains pays, et nous
avons vu que le plus simple est d’utiliser les maisons
égales. Et pourtant, elles ne correspondent à
rien de concret. Mais elles ont le mérite de pouvoir
s’appliquer à n’importe quelle latitude.
Ceux qui accordent de l’importance aux signes interceptés
et aux maisons liées ne seront toutefois pas d’accord
avec cette méthode !
Et les planètes ?
Ouf, encore une fois ce sont elles qui mettent tout le
monde d’accord ! En effet, quel que soit le zodiaque utilisé
et quel que soit le système de domification que l’on
applique, les planètes ont toujours le même rapport
d’angle entre elles. Si bien que votre Soleil sera toujours
en trigone à Saturne (ah!) et votre Lune toujours en
carré à Jupiter (oh...). Toutefois, selon le
système de domification utilisé, l’orbe
en sera réduit ou augmenté selon la règle
de base que votre professeur aura établie... avec sa
propre méthode!
Pour revenir à la différence entre le zodiaque
sidéral et le zodiaque tropical, je pense qu’elle
réside aussi dans la pratique de l’interprétation.
Je m’explique : depuis l’époque de Ptolémée,
où le point vernal coïncidait avec le début
de la constellation du Bélier, les astrologues hindous
ont continué de réajuster l’ayanamsa,
si bien que leurs interprétations des typologies des
signes ont évolué avec le temps. Ainsi, un natif
du 5 mai (Taureau en astrologie tropicale) n’est pas
obligatoirement un jaloux qui cache une très grande
sentimentalité, mais aussi un têtu relève
tous les défis (Mesha).
Conclusion
Comme nous venons de le voir, il existe des dizaines
de systèmes
pour analyser astrologiquement une carte du ciel, tant pour
la toile de fond du zodiaque que pour les secteurs (ou maisons)
tant pour les orbes à considérer que pour les
points (fictifs ou non) à ajouter dans l’analyse.
Nous devons donc logiquement être à la fois intègres
quant à notre propre façon d’analyser
un thème, et tolérants à l’égard
de ceux qui pratiquent différemment. J’ai également
pensé à dire à ma collègue astrologue
de ne pas obligatoirement dire à ses consultants (surtout
si ce sont des personnes qui étudient l’astrologie)
quel zodiaque elle utilise car cela risque de les déstabiliser.
Quand on vous apprend que vous n’êtes pas du signe
que vous croyiez être, vous avez l’impression
d’avoir été induit en erreur, alors qu’il
s’agit simplement de deux visions différentes
de la même sphère zodiacale. D’ailleurs,
je vais veiller pour ma part, lors de mes prochaines consultations,
à ne pas préciser dans quel signe se trouvent
les planètes du consultant mais à mettre plutôt
l’accent sur la résonance psychologique des aspects
interplanétaires.
Finalement, puisque le zodiaque des saisons colle bien à
la vie terrestre et celui des constellations à la vie
spirituelle, posons-nous la question : sommes-nous plus proches
de la Terre ou... du Ciel? Quand la plupart des consultations
tourne autour de sujets comme la vie professionnelle, la santé
ou la vie relationnelle, force est de constater que le zodiaque
tropical colle plutôt bien à la réalité
des êtres humains !
C’est sans doute pour cela que quatre vingt dix pour
cent des astrologues occidentaux l’utilisent.
Patrick Giani
.

Signes du zodiaque
apparaissant en léger désordre
au plafond de caveaux funéraires de l'époque
ptolémaïque
Autre
site sur le zodiaque égyptien : balancedes2terres.free.fr
Article
paru en janvier 2007 dans la revue "GANYMEDE"
(© 2007 Patrick Giani
- tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation
reserves pour tous pays - faire demande
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