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Les
327.590 candidats au Bac général ont planché
fin juin sur l’épreuve tant redoutée de
philosophie. Quels étaient les thèmes de cette
année ?
Série L (littéraire):
- Toute prise de conscience est-elle libératrice?
- Les oeuvres d'art sont-elles des réalités
comme les autres?
Série S (scientifique):
- Le désir peut-il se satisfaire de la réalité?
- Que vaut l'opposition du travail manuel et du travail intellectuel?
Série ES (économique et social):
- Peut-on en finir avec les préjugés?
- Que gagnons-nous à travailler?

Voici le commentaire d’une dame sur Internet:
“Etant âgée, je n'aurais jamais cru qu'il
était nécessaire de faire un an de philo pour
traiter les sujets des séries S et ES qui sont tellement
d'actualité. Mais le premier sujet de la série
L m'a plongée dans un abîme de réflexion
: comment un gosse de 17/18 ans peut-il répondre ?
(sauf bachotage, bien sûr !)”
Je suis entièrement d’accord avec cette dame:
que peut signifier “prise de conscience” pour
un adolescent qui n’a pas encore la maturité
d’esprit nécessaire pour en saisir le sens? Passons
sur les questions “bateau” comme “Que gagnons-nous
à travailler?” sur laquelle notre nouveau Président
pourrait argumenter des heures, et voyons comment un ado peut
répondre à la question “Le désir
peut-il se satisfaire de la réalité?”
alors qu’il ne sait pas faire la différence entre
souhait, désir, pulsion et excitation ?
Cela fait des années que, à l’époque
de l’épreuve de philosophie, je me fais la même
réflexion: ne serait-il pas plus judicieux d’enseigner
aux jeunes la psychologie plutôt que la philosophie?
Que gagnent-ils à plancher sur les écrits des
philosophes grecs qui, pour la plupart, ne correspondent plus
aux préoccupations du XXIè siècle ? Je
ne dis pas que les écrits de Platon et Socrate sont
inintéressants, bien au contraire, mais qu’il
est souhaitable d’avoir un peu plus de maturité
pour en saisir le sens profond.
Que peut comprendre un ado de l’allégorie de
“la caverne” de Platon alors qu’il n’est
pas encore sorti des jupes de sa mère ? Ce n’est
qu’à l’approche de la trentaine (retour
de Saturne) que l’on peut avoir le recul nécessaire,
ce regard lucide sur les expériences passées,
et en tirer des conclusions pour évoluer.
Qu’apporte la philosophie à tous ces jeunes ?
Quand on interroge les lycéens à la sortie des
épreuves, on constate deux tendances : soit ils traitent
les sujets du mieux qu’ils peuvent pour réussir
leur Bac, soit ils se prennent au sérieux et cela ne
réduit en rien leurs tendances égocentriques.
Certains “se la pètent grave”, comme ils
le disent souvent!

Pour Pascal (portrait ci-dessus) la philosophie était
un divertissement, elle lui permettait de fuir le spectacle
de sa triste condition. Pour Kant, on ne devrait pas parler
des philosophes, au pluriel, mais seulement du philosophe,
au singulier, «car ce mot, disait-il, caractérise
une pure idée», et même, pour ainsi dire,
un idéal. D’autres ont dit que la philosophie
ne sert à rien d'autre qu'à penser librement.
On y voit donc un côté mental, cérébral,
intellectuel même. Alors que la psychologie permet une
réflexion transpersonnelle. On ne peut étudier
un problème particulier ou émettre une opinion
sans tenir compte de l’autre, des autres. L’étude
des comportements humains, des tendances psychologiques, des
pièges de l’inconscient, est très vaste.
La psychologie possède un grand domaine d'investigation:
psychologie cognitive, psychopathologie, psychologie sociale,
psychologie de l'enfant et du développement, psychophysiologie,
psychologie animale, etc, la liste est loin d’être
exhaustive.

Dane
Rudhyar, astrologue et philosophe
J’irais même plus loin: non seulement les adolescents
gagneraient à mieux se connaître grâce
à l’enseignement de la psychologie, mais en apprenant
les bases de l’astrologie, ils pourraient ouvrir encore
plus leur esprit. Ainsi, ils deviendraient plus tolérants
en constatant que chaque thème astral possède
ses faiblesses et ses difficultés, plus ouverts en
voyant les possibilités illimitées de l’esprit,
plus compatissants aussi lorsqu’ils verraient un ami
ou une copine traverser une période de transits éprouvants.
Ce n’est certes pas pour demain, mais on peut déjà
en parler autour de nous. Les petits ruisseaux ne font-ils
pas de grandes rivières ?
Article
paru en juillet 2007 dans la revue "GANYMEDE"
(© 2007 Patrick Giani
- tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation
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