Lettre
d'un passionné d'Astronomie après lecture de
ce qui précède:
"J'ai lu votre lettre
à M.Rouzé. Éternel débat entre astrologues
et astronomes...
Quand vous évacuez le rôle des étoiles
- pourtant reconnu par les anciens qui ont inventé
votre art - en maintenant le bélier comme lieu du soleil à l'équinoxe
du printemps, ne trahissez-vous pas leur héritage? La
précession a pourtant fait dériver les constellations
de près de 2 constellations. Les anciens avaient compris
l'influence du soleil sur les saisons lors de son passage devant
le zodiaque. Ils en ont déduit des influences similaires
pour les astres errants. Maintenant, le cadre où
vous faites évaluer les planètes est vide. C'est
un peu comme si une voyante décidait de lire l'avenir
devant une tasse vide de ses feuilles de thé. D'autre
part, le précession est reconnue par les astrologues
pour nous parler des bienfaits à venir (ou déjà en
force; cela varie selon les auteurs) de la fameuse Ère
du Verseau. Il y a là une contradiction, pour ne pas
dire une incohérence que je m'explique mal.
Je n'arrive pas à comprendre aussi comment certains
astrologues mettent en conjonction Pluton avec les autres planètes
du zodiaque, surtout lors des périodes où son
orbite s'écarte de l'écliptique jusqu'à 17
degrés. L'orbe tolérée pour parler de
conjonction n'est-elle pas de 7 à
8 degrés. Pire, certains mettent en conjonction des
planètes avec l'étoile Véga, par exemple,
sous prétexte qu'elles ont même longitude (ascension
droite). Véga est toujours à environ 60 degrés
de l'écliptique. N'est-ce pas l'aspect sextile?
D'autre part, je vous suggère la lecture de l'ouvrage
d'un groupe d'auteurs qui ont repris l'étude de l'effet
Mars de Gauquelin. The Mars Effect, Claude Benski et al., Prometheus
Books, New York, 1995. Selon cette étude qui réunit
des statistiques sur plus de 1000 champions français,
il ressort, entre autres, que l'effet Mars n'existe pas et
que les listes de Gauquelin étaient biaisées."

Voici ce que je lui répondu:
"Bien que ce sujet soit amplement
développé
dans l'un des premiers cours diffusés par l'association Jupitair depuis
plus de dix ans, je vais essayer de vous en livrer un résumé:
1/ En astrologie, nous n'accordons pas beaucoup d'importance
aux étoiles fixes pour deux raisons: d'une part, elles
sont beaucoup trop loin pour avoir une quelconque résonance
sur la psyché humaine, et d'autre part nous avons déjà fort à faire
avec les planètes du système solaire, dont les
interaspects évoluent sans cesse (ce que l'on nomme
les transits planétaires).
2/ Le zodiaque des saisons, que nous utilisons pour nos
éphémérides, est un référentiel
comme un autre. Celui que vous utilisez tient compte de la
place réelle des constellations dans le ciel et cela
vous convient parfaitement. Le référentiel qu'utilisent
les astrologues occidentaux leur convient très bien
puisqu'ils arrivent à de bons résultats. Celui
que les astrologues hindous utilisent effectue la correction
de la précession (ayanamsa) mais les signes ne correspondent
pas non plus aux constellations célestes puisqu'ils
font 30° chacun. Quant aux astrologues chinois, ils utilisent
essentiellement Jupiter (pour les signes) et la Lune (qui a
une grande importance) mais ils arrivent aussi à de
bons résultats. Qu'est-ce à
dire ? Qui a raison?
En fait, chacun utilise un référentiel de base,
avec un postulat approprié, qui lui convient parfaitement.
Lorsque les astronomes disent aux astrologues occidentaux qu'ils
se trompent puisqu'ils se basent sur un "faux zodiaque" c'est
comme si un français disait à un anglais qu'il
ne conduit pas de la bonne manière en roulant à gauche
(ou l'inverse). Ou bien que sa mesure des distances est erronée
puisqu'il utilise les miles au lieu des kilomètres !
Dites-vous bien que, à partir du moment où des
milliers de personnes partagent et utilisent un référentiel,
celui-ci EXISTE et vit dans leur esprit. Cela fait d'ailleurs
partie de l'une des découvertes majeures de la physique
quantique. C'est pour cela que, lorsque vous écrivez:"le
cadre où vous faites évoluer les planètes
est vide", je réponds : "Oui, sur le plan
physique. Mais sur le plan mental, ce "cadre"
(comme vous le nommez) existe bel et bien." Il y a des
choses que l'on ne peut expliquer de façon rationnelle.
Albert Einstein l'a compris quand il a écrit: "La
théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne
ne sait pourquoi."
3/ L'Ere du Verseau ne fait pas forcément référence
au point vernal (SVP), car si cela était il nous faudrait
attendre l'an 2360 pour rentrer dans l'Ere du Verseau! Là encore,
c'est la symbolique Verseau qui est considérée
et pas du tout le dessin de la constellation en question. Mais
il faudrait que vous lisiez le
livret que j'ai écrit à ce sujet pour en
saisir l'essence.
4/ Pour Pluton, il est exact que sa forte excentricité
le place rarement en conjonction exacte avec les autres planètes.
Et pourtant, je peux vous assurer que les cas de conjonction à l'une
des planètes rapides dans un thème natal, surtout
avec l'un des luminaires, mettent en exergue le côté pulsionnel
ou morbide du natif. Je n'ai pas d'explication rationnelle à
vous donner, je n'ai que mon expérience de vingt et
une années d'études et de pratique. Mais j'ai
constaté que les transits de Pluton sur l'un des luminaires
correspondaient le plus souvent à
une crise très profonde de l'individu. Crise dont les
résonances revêtaient des formes aussi variées
que la perte d'une situation, la perte d'un
être cher, la fin d'un grand amour, d'un idéal,
de convictions religieuses ou scientifiques, etc. Je vous parle
ici des résonances sur le plan psychologique, mais peut-être
que vous ne croyez pas non plus à
la psychologie ?
5/ Quant à "l'effet Mars", remis en question
par Claude Benski, il n'est pas plus crédible que celui
de feu Mr Gauquelin, car il utilise des statistiques. Et vous
savez très bien que l'on peut faire dire ce que l'on
veut à des statistiques. Cet "effet Mars",
je le constate chaque jour autour de moi et cela me suffit.
Par exemple ce mois-ci (nous sommes en juin 2001) avec l'opposition
Mercure/ Mars tous deux rétrogrades: la plupart des
gens sont très nerveux, les conflits militarisés
explosent un peu partout dans le monde, les grèves se
multiplient et les "bogues"
informatiques aussi. Mais votre esprit cartésien trouvera
peut-être que ce n'est pas une preuve suffisante?
Vous savez, pour pouvoir parler d'un domaine particulier, je
pense que le mieux à faire est de l'expérimenter.
Le milieu des astronomes est plein de préjugés.
Notre fameux Albert Einstein n'a-t-il pas également
écrit "Il est plus difficile de désagréger
un préjugé qu'un atome" ? Alors,
pourquoi ne pas expérimenter l'astrologie par vous-même?
L'une de vos consoeurs, Suzel Fuseau-Braesch, l'a très
bien compris puisqu'elle a écrit un livre au titre significatif: "Pour
l'astrologie" (Albin Michel), et surtout dépoussiéré le
livret consacré
à l'Astrologie dans la collection "Que sais-je?".
Je ne cherche pas à vous convaincre, croyez-le bien,
mon propos est de vous faire entrevoir les choses différemment.
C'est souvent en changeant de point de vue que l'on peut saisir
les choses dans leur ensemble, car on a alors une vision en
trois dimensions au lieu de deux."
Cordialement.
Patrick Giani
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